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Retour sur le Pop-Up Renouvellement Urbain

Labellisé "40 ans de la Politique de la ville" par le CGET, cet évènement régional sur le renouvellement urbain a eu lieu les 11 et 12 avril 2018 : peuplement, relogement, développement économique urbain, participation des habitants, troisième révolution industrielle, déclinaison opérationnelle du protocole de préfiguration, etc. Autant de sujets qui ont été abordés dans le cadre de visites de site, soirée-débat et parcours thématiques. Retour sur ces deux journées...

Au programme il y avait...

Comment le Renouvellement Urbain peut-il permettre au quartier de devenir moteur au sein de son territoire ? Le Pop-Up a permis d'explorer plusieurs pistes de réflexion : l'inscription du PRU dans le contrat de ville (notamment en réponse aux enjeux de cohésion sociale et développement économique), le développement de fonctions ou d'une vocation pour le quartier, l'intégration pleine et entière du quartier au sein de l'agglomération ou encore la contribution à un meilleur équilibre territorial en termes de peuplement et de relogement des personnes. Les enjeux de participation des habitants, de gestion urbaine de proximité, d'analyse patrimoniale ou encore de lien avec la Troisième Révolution Industrielle ont également été abordés dans le cadre d'ateliers dédiés, de visites de site et d'une soirée-débat.

Programme détaillé du 12 avril - Pop-Up Renouvellement Urbain

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Retour sur...

La 1ère journée, dédiée aux visites de site et à la soirée-débat a réuni près de 80 personnes tandis que la journée du 12 avril a réuni 120 participants. Retour sur les points saillants des 4 parcours thématiques qui ont jalonné l'évènement.

Parcours A : Renouvellement urbain et politique de peuplement

Le 11 avril, une soirée-débat sur les discriminations dans l'accès au logement a lancé ce parcours, avec notamment la présentation du rapport DALTON par Yannick L'HORTY.

Une enquête récente du Défenseur des droits a mis en exergue l’importance et la persistance des discriminations dans l’accès au logement, privé ou social. Ce dernier insiste largement sur le fait que de manière générale, et pour certains profils essentiellement (familles monoparentales, personnes immigrées, personnes dont le patronyme évoque une origine maghrébine ou d’Afriques subsaharienne, etc.), « les pratiques discriminatoires à leur encontre montrées par ces tests constituent des freins importants pour l’accès au parc locatif privé et peuvent les contraindre à limiter leurs recherches au parc social » (et inversement). Le parc social n’étant pas exempt de pratiques discriminatoires, qu’elles soient systémiques, indirectes ou directes.

Si le Pop-Up Renouvellement Urbain s’est essentiellement intéressé, dans ses débats, au parc social, les liens et connexions entre les deux existent bien. Un détour par une étude de grande ampleur sur le logement privé lors de cette soirée universitaire avait pour objectif de permettre de décentrer le débat et de réfléchir à la politique globale en matière d’offre de logement sur un territoire donné et de l’impact de sa gestion et de sa mise en œuvre.

L’enquête DALTON nous a été présentée par Yannick L’HORTY (Professeur d’économie – Université de Paris Est Marne la Vallée), coordinateur du projet, et discutée par Fabien DESAGE (maître de conférence en sciences politiques – Lille 2).

« L’objectif du projet DALTON est de produire un chiffrage de référence sur l’ampleur de la discrimination dans l’accès au logement du parc privé à l’aide d’un testing de couverture nationale, qui soit représentatif au niveau de chaque zone d’emploi, tout en couvrant un large spectre de motifs de discriminations : l’âge, l’origine, le lieu de résidence et leurs combinaisons »

Rapport DALTON

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Malgré les process mis en place et la législation en vigueur, quel état des lieux des discriminations dans l’accès au logement ? Quel impact de ces discriminations sur les différents parcs ? Quel rôle/impact des politiques de peuplement et de mixité dans la lutte contre les discriminations ?

Autant de questions auxquelles les différentes présentations et discussions ont essayé de répondre. Les différents débats ont aussi et surtout permis d’envisager les différentes pistes d’action : comment se servir de cette étude pour renforcer l’objectivation de l’existence de discriminations dans l’accès au logement ? Comment en rendre compte aux pouvoirs publics et générer une prise de conscience ?

Ces discussions se sont poursuivies le lendemain, dans les différents ateliers, du Parcours A notamment.

Le Renouvellement urbain, levier d’équilibre socio-spatial du territoire.

Le volet habitat est l’une des thématiques principales des projets de renouvellement urbain : cela passe par des axes de travail comme la réhabilitation des logements insalubres, mais aussi par la diversification de l’habitat qui a pour finalité une mixité sociale plus forte.

Le volet humain de cette thématique habitat prend notamment forme à travers les politiques de peuplement et de relogement. Sur le peuplement : le cadre législatif (loi ALUR, loi égalité citoyenneté, règlement du NPNRU) impose la mise en place de divers dispositifs, et ce à l’échelle de l’intercommunalité.

  • Comment tirer parti de l’occasion amenée par le PRU pour lutter contre la ségrégation sociale et spatiale à l’échelle de l’agglomération ? Quelles modalités de mise en œuvre et de partenariat de cette grille de répartition des flux et attributions ? Quelle réflexion partenariale impliquant les bailleurs sociaux, les maires et l’EPCI autour des politiques de peuplement (CIL, CIA) ?
  • Comment concilier ces injonctions règlementaires avec le droit au logement ? Comment inscrire les ménages dans des parcours résidentiels aussi attractifs dans le logement social que dans le privé ? Comment lutter contre les discriminations lors des attributions de logement ?

Après le décret de 1954 instaurant le premier système de cotation, certains bailleurs répliquent que « le social, l’humain, ne se met pas en équation ». Plus de 60 ans après l’abandon de cette idée, la loi ALUR prévoit une réforme du système d’attribution. Monsieur Fernandez (Directeur Habitants au sein de SIA Habitat) et Monsieur Vandestienne (chargé de mission au sein de l’URH) sont venus nous présenter une démarche d’objectivation de la demande en logement social, pouvant avoir vocation à se transformer à terme en outil de cotation, outil d’aide à la sélection et devant permettre de renforcer l’équité et l’égalité de traitement entre les demandeurs de logement social.

Ont été débattus la démarche, son expérimentation, mais également ses atouts et ses limites : QUID de la participation des habitant·e·s ? Comment activer des leviers complémentaires ?

Le deuxième témoignage nous a été proposé par Monsieur Walzak (Directeur de l'Habitat et du Développement Social à la Communauté d'agglomération du Pays de Saint-Omer). Comment les injonctions réglementaires s’appliquent-elles sur le terrain ? Comme concilier un texte unique à des réalités de terrain multiples ? Regard porté sur un territoire, celui du Pays de Saint-Omer. Sa particularité : celle de vouloir apporter une réponse globale en articulant les enjeux du parc privé et du parc social. Son objectif : gérer les attentes parfois contradictoires des partenaires et essayer de favoriser, in fine, la mixité dans les quartiers et la prise en compte des besoins de terrain.

Le relogement dans les PRU

« L’impact du PRU sur le fonctionnement du quartier et les conditions de vie des habitants doit être anticipé et accompagné, en articulation avec le contrat de ville et les dispositifs associés » (règlement général de l’ANRU). Parmi ces mesures à anticiper et accompagner : une stratégie de relogement et d’attributions doit être conçue en partenariat et formalisée dans la convention intercommunale prévue à l’article 8 de la loi du 21 février 2014. Il est nécessaire de travailler à la fois le relogement temporaire des habitants dont le logement est en chantier de réhabilitation ou de résidentialisation, mais aussi le relogement dans le cadre de démolitions qui entrainent des déplacements durables de population.

Plusieurs enjeux dans ce contexte :

  • Comment permettre des trajectoires résidentielles ascendantes ? Offrir un parcours résidentiel intéressant et plus choisi que subi ?
  • Comment amortir le choc de la mobilité résidentielle contrainte par un accompagnement social allant au-delà de la trouvaille d’un nouveau logement ? Comment éviter les points de ruptures ? (continuité d’accompagnement par les services publics, accompagnement dans la gestion du nouveau logement)
  • Les visées de dé-densification et de lutte contre la ségrégation : il y a des objectifs chiffrés à atteindre en termes de relogement des ménages hors site PRU et hors quartier prioritaire. Comment renouveler les procédures de relogement en dépassant les frontières communales ?
  • Dans quelle mesure peut-on conjuguer accompagnement individuel et collectif, y compris sur des aspects sociaux au-delà de l’habitat, afin de rendre moins brutale l’obligation de déménagement ? Quelle organisation politique et technique mettre en place pour soutenir ces modalités ?

Madame Tytgat (Chargée de développement urbain et social au sein de la Maison du CIL) nous a tout d’abord expliqué comment, dans le cadre d’une réhabilitation de logements (hors PRU) et en partenariat avec un cabinet conseil, elle a réalisé un accompagnement des locataires allant au-delà de la trouvaille ou de la rénovation d’un logement. L’occasion de nous en dire un peu plus sur la démarche, les enjeux, perspectives et limites de la démarche !

Dans la même lignée des expériences inspirantes, Madame Auclair (cheffe de projet RU à la CAMVS) et Madame Chopin (Directrice de SOLIHA Maubeuge) nous ont présenté comment, dans le cadre de leur partenariat, elles ont mis en place une enquête domiciliaire pour identifier précisément quel degré d’accompagnement était nécessaire selon les ménages dans le cadre d’un relogement. Dans quel contexte cette enquête est-elle née ? Qu’apporte-t-elle concrètement ? ont fait partie des questions posées.

De manière générale, sont ressortis de cet atelier des échanges sur la participation des habitant.e.s et la prise en compte de leurs besoins, qui ont été identifiés comme des conditions de réussite à ne surtout pas oublier pour garantir la réussite de ces opérations.

Téléchargez ici l'ensemble des diaporamas du parcours A :

Diaporamas du parcours A

 

Parcours B : Le PRU, levier du projet intégré

Visite des Oliveaux du 11/04

La visite des Oliveaux à Loos le 11 avril a présenté le projet de renouvellement urbain en cours et les enjeux qui se posent dans ce quartier, notamment la reconfiguration de la polarité commerciale. La dynamisation commerciale est en effet au coeur du projet de futur centre de quartier. Au delà de la problématique propre au développement du commerce, des échanges ont pu avoir lieu sur la question des démolitions et reconstructions et des dynamiques associatives et citoyennes préexistantes avant le projet pour pouvoir s'appuyer dessus pour construire la concertation.

Atelier 12/04 matin : Un PRU qui répond aux enjeux de cohésion sociale

La loi pour la ville et la cohésion urbaine et le règlement général de l’ANRU prônent une inscription du PRU dans la stratégie plus globale du contrat de ville et donc du projet de territoire. Afin de répondre à ce sujet tentacullaire l'atelier a proposé une réflexion autour d'un cas pratique devant permettre aux participants d'imaginer l'ensemble des interactions qui peuvent être créées entre le projet de renouvellement urbain et les autres politiques publiques et axes du contrat de ville en prenant en compte la participation citoyenne.

Il en est ressorti plusieurs enjeux à prendre en compte dans les PRU :

  • La gestion de la frustration est un enjeu qui est lié aux différentes temporalités du projet (entre les différents partenaires, citoyens, association, institutions)
  • Des potentiels préexistent dans les alentours du projet, et il convient de ne pas se concentrer sur une échelle réduite du quartier (exemple : un espace naturel, la mer, un autre projet urbain, un équipement, un pôle d'excellence...)
  • Pour toutes les parties, il existe un enjeu de visibilité et de communication : dans les PRU, se faire voir, c'est exister et ceci est valable pour l'ensemble des partenaires.

Pour les solutions envisagées pour permettre la concrétisation de ce projet intégré ;

  • Pour permettre aux habitants de se projeter dans le projet, les dispositifs Politique de la ville doivent être sollicités, notamment les Projets d'Initiatives Citoyennes et les Fonds de travaux urbains. La mobilisation des habitants peut s'effectuer sur plusieurs échelles de temps : de l'éphémère (évenementiel par exemple) vers le permanent (dans les conseils citoyens). Pour s'acculturer au renouvellement urbain, il convient également de s'appuyer sur des visites d'autres territoires pour croiser les expériences.
  • La maison du projet comme bâtiment totem est un enjeu pour permettre la mobilisation de tous, la convergence des initiatives (économique, d'éducation, de santé...) pour échanger et rassembler les énergies.
  • Les bailleurs sociaux sont des acteurs incontournables qui peuvent également se mobiliser sur ce projet intégré au titre du logement, évidemment, mais plus largement au titre du cadre de vie et de la cohésion sociale.
  • L'animation de l'espace public et l'appropriation du cadre de vie peuvent être un enjeu de cohésion sociale et permettre l'émergence d'initiatives économiques.
  • Sur le volet économique, les enjeux de l'insertion par l'activité économique et des Tiers-lieux (qui se relie à la maison du projet) ont été abordés.

Enfin, à la suite de ce cas pratique, la solution qui s'est déroulée à Saint-Pol sur Mer a été détaillée : le Projet EN RUE, par l'intermédiaire de la direction culture de la ville de Dunkerque a permis de mobiliser un groupe de citoyen autour de la fabrication de mobilier urbain à partir d'éléments récupérés dans les services techniques de la ville. Ce projet multifacettes qui mêle économie sociale et solidaire, insertion, culture, développement économique, cadre de vie et citoyenneté est en cours d'essaimage sur l'ensemble des quartiers de la Communauté Urbaine de Dunkerque.

Atelier 12/04 après-midi : Mixité fonctionnelle,développement éco nomique : le quartier activateur

Le pilier développement économique des Contrats de ville a permis la meilleure prise en compte de la stratégie économique territoriale à l’échelle des quartiers et à favoriser l’émergence d’actions nouvelles et innovantes. Pour permettre aux quartiers de se développer et de se transformer grâce au renouvellement urbain, il convient d’appuyer cette stratégie sur les potentialités et les opportunités existantes : un positionnement géographique particulier, des friches ou réserves foncières, un transport en commun, des entrepreneurs fédérateurs…

Deux interventions ont abordé les potentialités des quartiers :

  • l'ADULM (Agence d'Urbanisme Lille Métropole) a proposé de présenter sa méthodologie et ses intuitions dans sa démarche exploratoire de diagnsotic économique des quartiers en PRU sur le territoire de la MEL.
  • Le fonds de dotation LIFTI a présenté ses activités autour des friches,des espaces délaissés et de la mobilisation de toutes les potentialités pour pouvoir y créer de nouvelles activités. http://lifti.org/

Sur les potentialités, trois domaines sont à prendre en compte dans les PRU et qui sont à articuler pour préparer les quartiers de deamin : l'économie numérique qui va créer des besoins fonciers et immobilier nouveaux et recomposer le territoire, le commerce et l'artisanat avec la relocalisation des activités et un modèle en transition et enfin la logistique urbaine qui est en plein développement et à la recherche d'un nouveau modèle de distribution en proximité (voir sur ce point l'AFILOG : http://www.afilog.org/)

Pour les participants, 2 incontournables sont à prendre en compte dans les PRU sur le volet économique :

  • Favoriser l'initiative économique
  • Construire l'aménagement favorable à l'initiative économique (tiers lieux, centre d'affaire des quartiers...)

Parcours C : De la vocation à la déclinaison opérationnelle

La visite de site la plus reliée au parcours C s'est déroulée sur le secteur Concorde à Lille (quartier Faubourg de Béthune). Elle a permis de présenter : les questions à se poser pour mettre en place un PRU qui succède à un premier PRU situé à proximité ; Comment opèrer la transition entre ces deux projets (opérations de confort, opérations anticipées de relogement) ? Comment réajuster les démarches suite à cette première expérience ? La trame urbaine, approche thématique retenue pour cette visite, a permis de réfléchir à la manière d'utiliser la situation urbaine du quartier pour transformer ses inconvénients en atouts, et notamment à travers les grandes ambitions du projet :

  • Comment relier et réouvrir le secteur Concorde, grand ensemble d’habitat social situé entre la ceinture du boulevard de Metz et le périphérique lillois, au reste de la ville et notamment à la partie ville ancienne qui se trouve à proximité immédiate (notamment Wazemmes) ?
  • Comment gérer et agir contre la pollution sonore et atmosphérique de la circulation automobile dense qui longe le quartier ? Comment reconcquérir la profondeur du quartier à travers une démarche de "quartier à santé positive" ?
  • Comment retravailler l’attractivité du site, la centralité du quartier et l'appropriation des espaces publics ? Quelle mutation du patrimoine existant ? Quel développement de nouvelles fonctions pour certains équipements ?

L'atelier du 12 avril matin, consacré à la question : "définir des  fonctions aux quartiers en renouvellement urbain, une question d’échelles ?", a ensuite permis d'aborder cette problématique:

La vocation du quartier a été définie dans le protocole de préfiguration : comment décliner cette intention en orientations urbaines spatialisées, comment attribuer au quartier des fonctions propres ? Par quel côté commencer la mise en oeuvre du projet pour déclencher des effets sur le quartier ? Comment organiser le phasage des opérations ? et surtout à quelles échelles penser ces opérations ? L'Agence d'Urbanisme de Lille Métropole a ainsi pu présenter ses réflexions sur les PRU de la Métropole Européenne de Lille, qui ne se posent ni à l'échelle (très large et diversifiée) de l'ensemble de la MEL ni à la seule échelle du périmètre du quartier. Une échelle intermédiaire dite "territoire de projet" permet en effet de définir les fonctions des quartiers en PRU en fonction de leur typologie et de leur situation géographique au sein de l'agglomération. Par ailleurs, l'agglomération du Calaisis a pu témoigner de sa démarche à l'échelle du quartier vécu : une équipe de consultants a mené des entretiens, questionnaires, visites de site et réunions de travail en focus groupe avec des habitants, avec une approche de psychologie urbaine. Révélant la manière dont est vécu le quartier, cette démarche a permis de prendre la mesure de certains axes de travail à aborder dans le cadre du PRU (par exemple, apporter plus de proximité via certains équipements) et de prioriser certaines démarches, notamment dans le cadre de la Gestion Urbaine de Proximité.

C'est la confrontation de ces différentes échelles (échelle de l'agglomération, territoire de projet, quartier vécu...), qui ne peut exister sans une gouvernance élargie du projet, qui permettra d'avoir une lisibilité globale des enjeux. L'échelle temporaire et l'échelle thématique du projet ont également été abordées : nécessité d'accompagner le changement et les habitants en amont, pendant et après le projet, vigilance à dépasser le seul cadrage thématique du RGA en se basant sur l'identité du quartier et de ses problématiques (exemple : problématiques spécifiques liées aux friches, ou à la réussite éducative, sont à prendre en compte).

Le 12 avril après-midi, un atelier sur "Quels outils pour consolider les scenarii retenus ? (analyse patrimoniale, phasage des opérations)" a favorisé l'échange sur des outils à visée opérationnelle. La mise en oeuvre du projet urbain est complexe et comprend de nombreux champs. L’analyse patrimoniale au service du projet a été l'aspect le plus étudié à travers les témoignages de Valenciennes Métropole et de l'Agglomération Creil Sud Oise. Il a surtout été souligné que pour préciser les décisions qui ont été esquissées dans le protocole de préfiguration, il était nécessaire de croiser les données pour une analyse globale qui comporte à la fois une partie objective (indicateurs par exemple) mais aussi des critères qualitatifs. C'est cet ensemble de critères qui définit l'argumentaire qui sera présenté en comité d'engagement ou à la validation du comité de pilotage. Par exemple, pour décider du sort d'un immeuble d'habitat social, peuvent être croisés :

  • L'analyse technique du bâtiment (performance énergétique, nombre d'ascenseurs, âge de l'immeuble...). L'USH a notamment créé une grille d'analyse dans ce sens,
  • L'analyse sociale du bâtiment ou plutôt de son fonctionnement, qui doit être abordée avec les partenaires et les habitants,
  • L'analyse urbaine : où se situe l'immeuble ? Contribue-t-il à enclaver le quartier de par sa forme urbaine ? Porte-t-il un symbole fort pour le quartier ?
  • Le rôle de ce logement dans la diversification de l'habitat : contribue-t-il à cette diversification ou pourrait-il y contribuer grâce à une réhabilitation ?

Au-delà de ces outils c'est bien la solidité du partenariat qui compte pour faire avancer le débat, permettre l'appropriation des résultats, ou encore prendre des décisions en toute connaissance de cause.

Ici en téléchargement : l'ensemble des diaporamas du Parcours C :

Diaporama et cartes - Pop-Up Parcours C

Parcours D : La transition, moteur du changement à accompagner

La Gestion Urbaine de Proximité : visite de site aux Trois Ponts (Roubaix)

La visite de ce quartier d'habitat social qui a bénéficié du 1er programme de renouvellement urbain a permis d'aborder la gestion urbaine de proximité, son ambition et sa réalité quotidienne. En effet, la gestion urbaine de proximité vise à s'occuper du quotidien pour améliorer la vie du quartier et son image. Impossible de résumer cette démarche à une intervention durant la phase opérationnelle d'un projet d'aménagement ou de renouvellement urbain, il s'agit bien d'une démarche partenariale à mettre en place en amont pour résorber les difficultés constatées dans l'usage quotidien du quartier (stockage et rammassage des déchets, entretien des espaces publics et collectifs, circulation et stationnement par exemple), à renforcer durant le projet  pour gérer les nuisances inhérentes à la phase chantier (par exemple avec des réunions de lancement de chantier pour se mettre d'accord avec les maîtres d'oeuvre en termes de sécurité, d'information et de respect de la tranquillité des habitants), et en aval pour s'assurer de la pérennité des investissements. Une démarche qui implique de faire valoir les spécificités de certains quartiers, notamment en matière d'urbanisme ou de conception des logements, auprès d'organisations plus habituées à un traitement uniforme des territoires. Quelques facteurs clefs de succès pour s'assurer d'une apropriation par les citoyens : une communication à toutes les étapes et adaptée, une co-construction de la démarche pour anticiper les usages futurs et éviter les erreurs de conception qui coûtent cher et seront difficilement réversibles.

Accompagner le changement ou coconstruire, la participation citoyenne à l’épreuve du PRU

Consacrant le principe de co-construction des contrats de ville avec les habitants, la loi de février 2014 implique notamment la mise en place de maisons du projet dans chaque PRU, comme lieu ressource pour les conseils citoyens, dont les représentants participent aux instances de pilotage des contrats. Plusieurs options peuvent être prises : implantation au coeur du quartier pour jouer la proximité, implantation dans un autre quartier de la commune (le centre par exemple) pour permettre le brassage des populations et donner de la visibilité au projet, certains imaginent même la maison du projet itinérante ! Objectifs partagés par les participants : en faire un lieu d'échanges, de brassage, éviter la permanence vide et l'attente... ce lieu a besoin d'être animé, et il convient de s'appuyer sur toutes les énergies disponibles : associations, bailleurs, institutions... et citoyens, qui peuvent également être pleinement associés à la construction du lieu.

Parmi les différentes stratégies d’implication citoyenne mises en place, les démarches de gestion urbaine (et sociale) de proximité sont considérées comme essentielles pour permettre aux habitants de se projeter dans les transformations à venir ; la formation un véritable levier à condition qu'elle concerne les différentes parties prenantes des projets (citoyens, techniciens et élus), faute de quoi l'élan mobilisateur offert par la montée en compétences des conseillers citoyens risque d'être considérablement freiné par un retour à une réalité parfois éloignée du cadre de co-construction théorique. In fine, il s'agit de considérer que si " la concertation prend du temps et coûte de l'argent", les erreurs de conception coûtent de l'argent pour des usages qui ne viennent pas. En conséquence la concertation doit faire partie intégrante de la démarche projet, être engagée en même temps que celui-ci, respecter les étapes nécessaires (sensibilisation commune, identification claire des marges de manoeuvre, objectifs fixés à la concertation) et s'appuyer sur la pluralité de méthodes disponibles (diagnostics en marchant, marches exploratoires...), sans confondre communication et concertation.


La troisième révolution industrielle (rev3) déclinée dans les projets de renouvellement urbain

La Troisième Révolution Industrielle offre une opportunité de s’orienter vers un modèle économique et sociétal innovant : économie circulaire, mobilité, numérique, énergies, bâti ou encore économie du partage. Comment ces innovations peuvent-elles s’inscrire en réponse à plusieurs priorités du NPNRU ? Cet atelier a permis de mettre en débat et d'enrichir un référentiel ressources (en cours d'élaboration) pour décliner la troisième révolution industrielle dans les projets de renouvellement urbain (présentation de la démarche dans le diaporama ci-dessous).

Diaporama - référentiel REV3 dans les PRU.pdf

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Anne VOITURIEZ, Vice-Présidente de la Métropole Européenne de Lille (MEL), en charge de la Politique de la Ville (Géographie prioritaire, renouvellement urbain) a cloturé ces deux jours en rappelant les enjeix fondamentaux du partenariat, de l'ambition donnée aux projets urbains et de l'opportunité que ceux ci représentent.

Et la suite ?

Prochainement seront disponibles les éléments de capitalisation du Pop-Up Renouvellement Urbain : synthèse, fiches d'expériences... Par ailleurs, la bibliographie (lectures conseillées) co-élaborée avec le learning center ville durable de Dunkerque est en téléchargement ci-dessous. N'hésitez pas à nous contacter si l'un des documents cités dans cette bibliographie vous intéresse !

Bibliographie Pop-Up Renouvellement Urbain - avril 2018

Cette bibliographie a été réalisée en partenariat avec le Learning Center Ville Durable de Dunkerque. Elle propose des ressources, accessibles en ligne ou disponible à l'IREV et/ou au centre de ressources du Learning Center autour des parcours thématiques proposés lors du Pop-up.