Agriculture urbaine: l'ANRU dresse un bilan intermédiaire des "Quartiers fertiles"

L’ANRU a mené en 2025 une enquête auprès des projets lauréats de son dispositif «Quartiers fertiles» et de 8 Programmes d’Investissement d’Avenir (PIA) pour évaluer l’avancement de leur mise en œuvre et les bénéfices générés pour les territoires et leurs habitants. 

98 projets d’agriculture urbaine accompagnés depuis 2020

Lancé en 2020 par l’ANRU, le programme «Quartiers fertiles» a permis le financement et l’accompagnement de 98 projets d’agriculture urbaine dans 140 QPV par le biais d’appels à projets. Pour assurer le suivi de ces projets et en dresser un premier bilan, une large enquête a été déployée auprès des porteurs de projet en 2025.

Qu’est-ce que l’agriculture urbaine?

L’agriculture urbaine regroupe l’ensemble des pratiques de culture, d’élevage, de transformation et de distribution de produits agricoles développés en ville ou à sa périphérie. Situés à l’interface de l’alimentation, de l’insertion, de l’éducation et de l’environnement, les réponses à l’enquête permettent de distinguer quatre grandes familles de projets d’agriculture urbaine centrés sur :

  • La participation et le cadre de vie : promotion du lien social et ancrage local du projet par la participation citoyenne et l’animation
  • Une approche systémique : mise en place de diverses actions en simultané (éducation, sensibilisation, création d’emplois…)
  • Les filières et la transformation alimentaire: projets réalisés en lien avec la gestion des biodéchets ou la transformation alimentaire (conserveries, cuisines collectives)
  • Les productions spécialisées et marchandes: implantation d’une production alimentaire en QPV au sein d’espaces vacants, de délaissés urbains, etc. avec des réseaux de distribution de circuits courts 

Une grande diversité d’acteurs engagés

Les lauréats des appels à projets sont variés: collectivités, bailleurs sociaux, associations, entreprises… Les structures de l’insertion par l’activité économique représentent un tiers des exploitants suivis par les entreprises, les structures agricoles et les services de collectivité qui gèrent les projets en régie. 

Des projets aux multiples bénéfices pour les quartiers

Des impacts à la fois sur la cohésion sociale et l’emploi

Les projets «Quartiers fertiles» s’inscrivent pleinement dans la vie des quartiers: ils créent notamment des ponts entre production alimentaire, animation locale, aménagement urbain et implication citoyenne. 

L’enquête révèle que la production des parcelles cultivées bénéficient en priorité aux habitants. Ces derniers sont également souvent impliqués dans la conception, l’aménagement et la gestion des espaces. Des animations, des visites et des ateliers de jardinage, de cuisine ou de bricolage jalonnent par ailleurs l’année dans de nombreux quartiers. 

Ces projets facilitent ainsi l’appropriation des lieux et le renforcement du lien social et contribuent à la qualité du cadre de vie dans les quartiers en renouvellement urbain.

Ils sont aussi des leviers de création d’emplois: l’enquête comptabilise 182 ETP nouvellement créés, dont près d’un tiers sont occupés par des habitants des quartiers concernés

Un outil pour lutter contre la précarité alimentaire

En 2024, l’enquête a permis de comptabiliser 130 tonnes de denrées alimentaires produites, soit une moyenne de 2 tonnes par projet. Leur vente s’effectue principalement en circuit court directement sur les sites ou via les commerces et les marchés.

En parallèle, les porteurs de projets mettent également en place des dispositifs solidaires: dons directs aux habitants, tarification adaptée, cueillette libre, etc.

Le développement des filières locales et de modèles expérimentaux

Les projets «Quartiers fertiles» contribuent à la mise en place de boucles locales de gestion des déchets organiques: plus de 10 000 tonnes de compost ont été produites en 2024

Ils représentent également une opportunité de tester des modèles réplicables sur le plan technique mais aussi en matière de gouvernance, de modèle économique ou encore de gestion innovante des sites contrains (sols pollués par ex.).

Une fragilité toutefois persistante 

Les porteurs de projet soulignent différents obstacles qui freinent la durabilité et l’avancée de leurs initiatives. 

Sur le plan financier, le manque de visibilité pluriannuelle compromet la pérennisation des projets. A cela s’ajoutent les surcoûts liés à l’inflation et aux aléas techniques. 

L’accès au foncier est par ailleurs rendu difficile par la rareté des terrains, des délais administratifs parfois très importants ou encore la précarité des conventions d’occupation attribuées aux porteurs de projet. 

Enfin, la dynamique sociale demeure parfois fragile entre démobilisation des collectifs historiques de jardiniers et difficultés à mobiliser de nouveaux habitants. 

Bilan intermédiaire de l'appel à projets "Quartiers fertiles"

Mis à jour le 15/06/2026