Avenir du renouvellement urbain: le CESE soutient le lancement d'un PNRU3

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a publié début juin son avis sur le troisième programme national de renouvellement urbain (PNRU3) tel que prévu par l’article 1er du projet de loi «Relance Logement». S’il soutient le principe d’un nouveau PNRU, il alerte également sur plusieurs conditions indispensables à sa réussite, aussi bien en matière de financement que de périmètre ou de prise en compte des besoins des habitants.
Une meilleure prise en compte des besoins et attentes des habitants
Si le CESE accueille favorablement le lancement d’un PNRU, il émet aussi une série 9 préconisations pour renforcer sa portée, son équité et son efficacité. La principale porte sur la prise en compte «des conditions réelles d’usage et d’habilité des espaces». Le CESE propose ainsi d’établir les projets à partir de trois diagnostics: environnemental (exposition aux îlots de chaleur urbains, qualité de l’air, accès aux espaces verts…), sanitaire (accès aux soins et santé environnementale) et de population (usages de l’espace public et du bâti par toutes les catégories d’habitants du quartier).
Vigilance sur l’élargissement du périmètre
Le CESE s’interroge par ailleurs sur les impacts potentiels d’une sélection des quartiers qui s’opérerait selon deux logiques: en quartiers prioritaires, comme dans les deux précédents programmes, mais aussi dans d’autres territoires au-delà des QPV. Le nombre de quartiers ciblés étant déjà très inférieur aux deux précédents programmes (150 contre 500 environ), ce nouveau mode de sélection réduit mécaniquement le nombre de QPV bénéficiaires. Le CESE alerte ainsi sur l’importance de ne pas conduire des interventions sur l’habitat rural au détriment des QPV, «qui demeurent les territoires concentrant les difficultés sociales, économiques et environnementales les plus lourdes».
Des inquiétudes sur le financement du programme
Le gouvernement a annoncé une enveloppe financière de 5 milliards d›€ pour ce troisième programme. Ce montant est sensiblement inférieur à celui des deux précédents programmes (12 milliards d›€ respectivement pour le PNRU et le NPNRU). Le CESE appelle ainsi à sécuriser cette dotation de 5 milliards d›€ au sein «d’une programmation pluriannuelle ferme pour donner plus de visibilité aux opérateurs et acteurs locaux».
Le PNRU3: un levier pour répondre à la crise du logement
Le CESE préconise une hausse plus large de l’offre de logement et notamment de logement social. Il s’agirait ainsi d’engager en priorité des reconfigurations structurantes des immeubles existants. Si démolition il y a, l‹objectif est de reconstituer au moins une offre équivalente de logements sociaux et de préférence hors site. Le CESE encourage également le développement de l’accession sociale à la propriété.
Des priorités d’intervention à bien définir
Si la sécurité figure parmi les axes prioritaires d’intervention annoncés par le gouvernement, le CESE souligne que la réponse aux difficultés des quartiers, à l’insécurité et aux violences urbaines «ne peut être exclusivement sécuritaire». La mise en œuvre d’une politique de développement social qui couvre des enjeux structurels, notamment en matière de prévention et de police de proximité, est également nécessaire.
En matière de transition écologique et de résilience climatique, le CESE s’interroge par ailleurs sur les critères qui seront retenus pour sélectionner les «quartiers présentant des vulnérabilités environnementales».
Pour aller plus loin:
L'avis du CESE sur le PNRU3
Mis à jour le 29/06/2026


