L'enjeu de l'alimentation dans les QPV : les résultats de l'enquête menée par l'Andès

Andès, le réseau national des épiceries solidaires, a récemment publié une étude consacrée à l’alimentation en quartiers prioritaires. Soutenue par le Ministère de la Ville et du Logement et l’ANCT, l’enquête menée auprès de près de 600 habitants des quartiers révèle un paradoxe : une véritable aspiration à une alimentation de qualité limitée par des contraintes budgétaires et de mobilité.

 

 

Un clivage générationnel en matière d’alimentation

L’enquête menée révèle des habitudes alimentaires globalement saines chez les habitants des QPV, avec néanmoins des écarts générationnels importants. Les seniors adoptent des comportements alimentaires nettement plus sains que les jeunes adultes. Les 18-25 ans cuisinent moins fréquemment, consomment moins de produits frais et mangent plus souvent au fast food

Les résultats de l’enquête rappelle le rôle important joué par la précarité comme vecteur d’inégalités alimentaires et sociales de santé. Des études montrent notamment une corrélation entre niveau d’éducation des parents et habitudes alimentaires des enfants: plus ce niveau d’éducation est élevé, plus la consommation de fruits et légumes progresse. 

Une alimentation restreinte par un faible budget et la mobilité

Les résidents des QPV ont des budgets alimentaires nettement inférieurs à ceux de la moyenne française. La consommation de fruits et légumes est celle qui pâtit le plus de ces budgets modestes. La majorité des habitants des QPV interrogés dans l’enquête sont contraints de se resteindre régulièrement: 63% d’entre eux sautent des repas. Cette contrainte est encore plus marquée chez les familles monoparentales: 74% d’entre elles ne peuvent pas acheter tous les aliments dont elles ont envie ou besoin. 

A la question «Si j’avais 50% de budget en plus pour les courses, j’achèterais en priorité…», les enquêtés répondent en priorité de la viande et du poisson (64%), des fruits et des légumes (45%), des produits de producteurs locaux (35%) et des produits bio (24%). Ces résultats révèlent une réelle aspiration à mieux manger aujourd’hui largement freinée par faute de moyens suffisants

L’alimentation est également fortement restreinte par la mobilité: 41% des répondants voient le fait de se déplacer pour faire leurs courses comme une contrainte. 

Des solutions concrètes privilégiées

Interrogés sur les dipositifs à mettre en oeuvre pour améliorer leur alimentation, les habitants évoquent principalement des solutions de proximité comme l’accès à des légumes frais à prix réduit ou des initiatives agricoles locales (ferme urbaine, jardin collectif…).

Ce résultat fait écho à deux dispositifs soutenus par Andès:

  • Un réseau d’épiceries solidaires qui comprend aujourd’hui 630 structures adhérentes dans toute la France, dont 31 dans les QPV des Hauts-de-France. Ces commerces de proximité permettent aux personnes en difficulté d’acheter des produits de qualité et de bénéficier d’un espace d’accueil, d’écoute et d’échange . A titre d’illustration, «La Dépanneuse» est une épicerie solidaire itinérante qui se déplace dans 4 QPV amiénois pour venir en aide aux ménages en difficulté.
  • Le dispositif «Mon panier primeur et solidaire» qui propose à la vente des paniers de fruits et légumes frais à prix solidaire. Ces points de vente sont ouverts à tous les locataires de logement social en QPV ainsi qu’aux personnes en situation de fragilité économique orientées par les partenaires sociaux. 

L’enjeu de l’alimentation des les quartiers prioritaires de la ville: analyse des besoins, attentes et habitudes de consommation des résidents

 

Mis à jour le 16/06/2026