Les alliances et complémentarités éducatives : un enjeu pour répondre aux besoins des enfants et des jeunes

Le 27 mars s’est tenu le séminaire régional des alliances et de la complémentarité éducative organisé par la DRAJES dans les locaux de l’Atelier Canopé 62 à Arras. Cette journée a remis au centre l’importance de la coopération entre tous les acteurs éducatifs du territoire.

En ouverture de la journée, Frédéric Leturque, président de la commission éducation de l’AMF (Association des maires de France et des présidents d’intercommunalités), a rappelé que le devoir d’éduquer, de former, et de préparer les enfants et les jeunes tout au long de leur parcours de vie ne peut reposer uniquement sur les enseignants. Cela suppose de repenser la place des familles pour les préparer et les associer dans un travail collaboratif d’éducation, mais aussi les collectivités. Il s’agit d’intégrer tout l’univers de la société au niveau global pour penser le parcours des enfants et jeunes dans ses dimensions scolaires mais aussi péri, para et extra scolaires (ce qui suppose d’inclure le sport, la culture, les loisirs,…). Sophie Béjean, rectrice de la région académique Hauts-de-France a quant à elle évoqué la nécessité de créer des « synergies éducatives » qui soient levier de cohésion sociale, d’émancipation et de justice sociale. Selon elle, l’école se doit d’être ouverte, inclusive et ancrée dans son territoire, au service des politiques publiques de l’Etat et des collectivités. L’intérêt de ces alliances éducatives est d’assurer la cohérence entre les temps libres et les temps scolaires. Elle salue la plus-value des démarches comme le PEDT ou les Cités éducatives en insistant sur l’importance de partir des centres d’intérêt des jeunes pour que les projets soient réellement pensés en fonction de leurs besoins.

A travers les interventions de Mathilde Gouget, sous-directrice de l’éducation populaire à la DJEPVA (Direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative), Eric Fardet, Inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche, Jean-Karl Deschamps, membre du CESE - Ligue de l’enseignement - centre confédéral, Arnaud Tiercelin, co-président du CNAJEP, la table-ronde de la matinée a apporté des réflexions constructives autour des coopérations éducatives comme levier démocratique, et d’une coopération des acteurs qui aille au-delà de la juxtaposition pour aller vers une véritable co-construction. De nombreux défis sont à relever pour faire société, notamment reconnaître les savoirs-faire spécifiques à chaque acteur et institution, revaloriser les savoirs scientifiques auprès des jeunes et prendre en compte les enjeux écologiques et environnementaux. Cela a aussi été l’occasion de rappeler la place centrale des enfants, jeunes et familles dans la co-construction des projets éducatifs, ainsi que l’importance de l’inter-institutionnalité pouvant nécessiter de fusionner des services pour une meilleure mise en cohérence. Jean-Karl Deschamps a également souligné le rôle essentiel du droit commun pour assurer le soutien des lieux culturels, des associations et acteurs de l’éducation populaire qui sont des alliés incontournables dans les enjeux de co-éducation.

Les ateliers participatifs de l’après-midi ont permis d’approfondir plus concrètement certaines thématiques et d’échanger expériences et bonnes pratiques autour des sujets de « la pause méridienne comme temps éducatif majeur », « les compétences psychosociales au service de la santé mentale », « la plus-value d’un PEDT », « qualité éducative et formation des acteurs éducatifs », « inclusion / enfants extra ordinaires », et « les politiques sportives dans le champ des PEDT ». En sont ressortis des retours d’expérience inspirants et l’idée que l’enfant ou le jeune est un acteur à part entière dans son parcours éducatif, d’où l’importance de le remettre au centre des articulations entre tous les acteurs du territoire.

Mis à jour le 19/06/2026