Précarité et accès aux droits : dernier volume de l'enquête 2024 du Défenseur des droits

Ce 9 juillet, le Défenseur des droits a publié le dernier volet de l’enquête « Accès aux droits 2024 » intitulé « Accès aux droits et discriminations : quelles spécificités pour les personnes en situation de précarité ? »

Ce dernier volume de l’enquête met en lumière le lien entre la précarité, discriminations, accès aux droits et non-recours. Parmi les principaux constats, la précarité monétaire touche particulièrement les demandeurs d’emploi, les familles monoparentales et les personnes de nationalité étrangère. 

Dans son communiqué de presse consacré à l’enquête, le Défenseur des droits remarque que :

La précarité est souvent réduite à la question de la pauvreté monétaire ou aux privations matérielles. Elle est pourtant bien davantage : une fragilisation des parcours de vie, du pouvoir d’agir, qui réduit la capacité à se défendre et favorise le renoncement. Elle est donc véritablement une question de droits.

Quelques chiffres clés

  • Accès à l’emploi : les personnes en situation de précarité sont près de 7 fois plus souvent au chômage que le reste de la population (33 % contre 5 %) et occupent plus fréquemment des emplois à durée limitée (26 % contre 14 %).
  • Niveau de diplôme : plus d’une personne en situation de précarité sur deux (53 %) n’a aucun diplôme ou possède un niveau inférieur au baccalauréat, contre 22 % dans le reste de la population.
  • Situation familiale : les familles monoparentales sont davantage touchées par la précarité (14 % contre 5 %), tout comme les personnes vivant dans des configurations familiales éloignées du modèle conjugal traditionnel.
  • Conditions de logement : les personnes exposées à la précarité vivent plus souvent dans des logements sociaux (36 % contre 7 %)

 et résident davantage dans les territoires urbains les plus fragilisés, notamment les quartiers prioritaires de la politique de la ville (14 % contre 4 %).

Précarité et droit à la non-discrimination

Les personnes en situation de précarité sont ainsi confrontées, au quotidien, à des différences de traitement dans de nombreux domaines, notamment l’emploi et le logement, deux leviers essentiels pour accéder une stabilité durable. C’est dans ce contexte que la « particulière vulnérabilité résultant de la situation économique, apparente ou connue de son auteur » a été inscrite dans la loi n° 2016-832 du 24 juin 2016 comme motif prohibé de discrimination.

Les discriminations les plus fréquemment rapportées concernent l’origine ou la couleur de peau, l’apparence physique ainsi que la situation sociale ou économique. 

La persistance des stéréotypes et préjugés liés à la précarité font partie des facteurs alimentant ces mécanismes discriminatoires qui créent des obstacles dans l’accès aux services publics, aux biens, aux droits.

Pourtant l’enquête montre que les personnes plus vulnérables, ayant besoin de protection et d’accompagnement renforcés, sont au contraire les plus exposés aux discriminations.

Le non recours au droit : un phénomène massif

« La multiplicité de ces atteintes aux droits peut contribuer à des formes de défiance et alimenter les phénomènes de non-recours ainsi que des renoncements aux droits, plus fréquents parmi les personnes en situation de précarité. »

- Extrait de l'enquête 

Les personnes en situation de précarité sont davantage exposées aux comportements stigmatisants au travail :

  • 28 % subissent des propos racistes (contre 10 %).
  • 25 % des remarques sur leur apparence physique (contre 16 %).
  • 20 % des discriminations liées à leur santé ou à leur handicap (contre 8 %).
  • Elles sont également 3 fois plus nombreuses à être visées par des stigmatisations liées à leur religion.

Mis à jour le 24/07/2026

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