L’Agence Nationale de SEcurité Sanitaire [1] (ANSES) vient de publier les résultats de son expertise scientifique [2]sur les risques sanitaires associés à l’usage des réseaux sociaux par les adolescents de 12 à 17 ans et les préconisations à prendre en compte.
Cette expertise s'est mise en place après la parution d'un autre rapport du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie [3] (CREDOC) qui analysait les usages et pratiques du numérique en France. Ce baromètre numérique [4] paru en 2025 a révélé un usage intensif des réseaux sociaux par le jeune public avec un adolescent sur deux passant entre 2 et 5 heures par jour sur son smartphone et 58% déclarant consulter quotidiennement les réseaux sociaux.
L'ANSES s'est appuyée sur des spécialistes de disciplines variées (épidémiologie, psychologie, spécialistes de l'information) pour éclairer les pouvoirs publics sur les effets nocifs détectés et les mesures à prendre.
MECANISMEs employés
Les plateformes numériques exploitent les vulnérabilités propres à l’adolescence avec un besoin de reconnaissance sociale, sensations et prise de risques, ainsi que de recherche de reconnaissance de leurs pairs.
Ces stratégies s’appuient sur des dispositifs incitatifs puissants avec des interfaces manipulatrices et des algorithmes qui proposent des contenus ultra personnalisés.
Scroll infini, enchainements de vidéos, notifications sont quelques-unes des stratégies de la part de ces entreprises qui développent des algorithmes afin de monopoliser l'attention des jeunes mais également 'récupérer' de la donnée publicitaire.
Ces algorithmes peuvent générer un 'effet spirale' où les utilisateurs se voient enfermés dans des contenus de plus en plus ciblés et parfois anxiogènes.
Plusieurs effets sur santé ont ainsi été détectés
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Troubles du sommeil avec une utilisation tardive des écrans qui retarde l’endormissement et détériore la qualité du sommeil,
- Dévalorisation de soi avec une exposition à des contenus centrés sur l’apparence qui peut nuire à l’estime de soi et favoriser des troubles alimentaires,
- Exposition à des contenus dangereux avec des algorithmes pouvant amplifier des comportements à risque (automutilation, consommation de drogues, suicide),
- Cyberviolence et cyberharcèlement L’insulte, la diffusion de rumeurs ou d’images privées ont des répercussions négatives sur la santé mentale.
RECOMMANDATIONS de l'ANSES
Du fait d'un usage plus intensif des réseaux à interface visuelle, une pression sociale plus forte sur l'apparence physique, les experts auteurs de cette étude préconise une attention plus particulière à porter aux jeunes filles.
De même, les réseaux sociaux doivent être conçus paramétrés pour que leur usage n'ait pas d'impact mental sur les adolescents et avec un cadre réglementaire plus large qui renforcer la responsabilité des plateformes avec des contrôles réglementaires plus stricts grâce notamment au Digital Services Act [5] mis en place à l'échelle européenne en 2024.
Enfin des actions conjointes entre pouvoirs publics, familles et plateformes doivent être mises en place pour mieux protéger les jeunes.
A ce titre, cette protection de la santé mentale et bien-être des jeunes semble également pris en compte avec l'approbation d'une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans le 26 janvier lors d'un premier vote à l'Assemblée Nationale.
Ce texte a pour objectif d'obliger les plates-formes à mettre en place une vérification de l’âge sur les plateformes et étendre l’interdiction de l’utilisation des téléphones portables dans les lycées.
