Ce rapport a été piloté par la commission « Stéréotypes et rôles sociaux » du HCE, Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes. [1] Il a pour objectif d'établir un baromètre du sexisme en France et de dresser un état des lieux de l'adhésion à des discours sexistes, et de l'évolution de cette adhésion au cours du temps.
Le baromètre 2026 du HCE a été construit à partir d'une enquête Toluna Harris Interactive conduite en ligne auprès de 3061 personnes, de 15 ans et plus, avec un échantillon représentatif de la population française. Parce que le rapport 2025 soulignait une polarisation forte de la société sur les questions d'égalité et de sexisme, le questionnaire 2026 a été enrichi avec des questions ayant pour objectif d’évaluer l’adhésion aux thèses masculinistes. Le rapport 2026 semble indiquer que certaines expressions de sexisme ne relèvent plus seulement de pratiques individuelles isolées, mais de formes d'adhésion collective.
Des chiffres préoccupants et deux formes de sexisme :
- 84% des femmes interrogées indiquent avoir déjà vécu au moins une situation sexiste. Parmi elles, 62% déclarent avoir subi du harcèlement dans l'espace public, 54% des blagues ou commentaires sexistes, 45% des sifflements ou interpellations à caractère sexuel. D'autre part, 21% déclarent avoir été victimes d'un viol et 20% d'une pression insistante de la part d'un partenaire pour un rapport sexuel non désiré.
- La perception du sexisme diffère entre hommes et femmes : 54% des femmes interrogées estiment qu'il est désavantageux dans la société actuelle d'être une femme (chiffre qui monte à 75% chez les femmes âgées de 15 à 24 ans), contre 42% pour les hommes.
- Plus l’âge augmente, moins le sexisme est perçu comme un problème social : chez les 65 ans et plus, 48% des hommes et 45% des femmes estiment qu'il n'est désavantageux ni d'être un homme ni d'être une femme dans la société actuelle.
- Le sexisme s'illustre dans différents champs de la vie des individus :
- Dans le cadre professionnel, 72% des répondants estiment que les femmes sont moins bien traitées de manière générale et 49% des femmes interrogées déclarent avoir été confrontées à des discriminations.
- Dans le sport, 67% des répondants estiment que les femmes ne sont pas traitées de manière équivalente aux hommes.
- Dans l'espace privé, 51% des femmes déclarent avoir déjà été moins bien traitées dans leur vie de famille (gestion de leur liberté ou répartition des tâches ménagères).
- Sur les réseaux sociaux, 84% des victimes de cybersexisme sont des femmes.
D'autre part, le rapport souligne que le sexisme existe sous deux formes : le "sexisme paternaliste" et le "sexisme hostile". Le "sexisme paternaliste" est un sexisme faussement bienveillant du quotidien qui légitime une répartition hiérarchisée des hommes et des femmes. D'après le rapport, cette forme de sexisme concernerait 23% de la population française avec 7,5 millions d'hommes et 5 millions de femmes. Quant au "sexisme hostile", il s'agit là d'un sexisme violent, qui se traduit par une hostilité envers les femmes et peut inclure des attitudes agressives ou dévalorisantes. D'après le rapport, 17% des personnes de 15 ans et plus, soit près de 10 millions de personnes, adhèrent au sexisme hostile en France.
Ce sexisme hostile s'illustre également par l'adhésion à certaines thèses masculinistes. Le rapport apporte un certain nombre d'éclairages sur ce qu'est le masculinisme et liste les différentes mouvances qui le compose à travers les travaux de Francis Dupuis-Déri, de Stépahnie Lamy ou encore de Pauline Ferrari. Il souligne en outre la hausse de la diffusion de ces théories en ligne via les réseaux sociaux qui ciblent en particulier une adhésion auprès des jeunes garçons.
Des recommandations :
Après avoir alerté sur ces phénomènes le Haut Conseil à l'Egalité formule un certain nombre de recommandations pour les endiguer. Parmi ces recommandations, on peut citer :
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Rendre les séances d’EVARS (Education à la vie affective, relationnelle et sexuelle) obligatoires et donner un cadre et des moyens pour les appliquer.
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Renforcer les contrôles de l’ARCOM et de PHAROS sur internet et les réseaux sociauc et construire une catégorie autonome “masculinisme” dans les signalements afin de suivre le phénomène.
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Rendre les algorithmes transparents afin de redonner aux utilisateurs le contrôle de leur expérience en ligne.
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Intégrer le "terrorisme misogyne" dans les doctrines de sécurité.
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Confier au Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes (HCE), avec des moyens humains et financiers dédiés, la mission d'Observatoire national du masculinisme et des radicalisations sexistes.
Vous pouvez retrouver le rapport 2026 complet ci-dessous :
