Une étude sur la portée transformatrice des Cités éducatives à travers les pratiques d'alliances éducatives

L’étude «Les pratiques d’alliances éducatives dans le contexte des cités éducatives : un enjeu de transformation» portée par le Réseau national des centres de ressources politique de la ville (RNCRPV), avec le soutien de l’ANCT vient de paraître !
Les pratiques d’alliances éducatives dans le contexte des cités éducatives.
Une approche qualitative et quantitative
Cette recherche menée par Marie-Pascale Guyon, pour le groupe de travail «Education» du réseau national des centres de ressources politique de la ville, conjugue approche qualitative et quantitative : 41 entretiens semi-directifs menés auprès de 34 Cités éducatives labellisées entre 2019 et 2022, des focus groupe dans deux Cités éducatives et avec des groupes de jeunes et de parents dans quatre Cités éducatives ont permis de rassembler un matériau représentatif de toutes les régions de l’hexagone et cinq territoires ultra-marins. L’étude s’appuie également sur l’analyse des données brutes fournies par l’ANCT, issues de la revue de projet 2024 de 208 Cités éducatives.
Le rôle des Cités Educatives : «que les alliances éducatives créent d’autres alliances éducatives»
Ce travail tend à démontrer les effets mobilisateurs et transformateurs des Cités éducatives. Elles sont vectrices d’un grand nombre d’alliances qui se structurent à travers de nouveaux métiers comme celui de CPO, de nouvelles organisations avec des réorganisations d’organigrammes par exemple, ainsi que de nouvelles pratiques en transversalité grâce à une gouvernance permettant d’allier différentes institutions et milieux professionnels. Ces alliances contribuent à co-construire des diagnostics, améliorer l’interconnaissance entre acteurs éducatifs locaux et établir une vision collective et plus proche des réalités vécues par les enfants et les jeunes sur le quartier. La publication montre comment les acteurs ont pu s’approprier ces nouvelles instances et manières de faire sur leurs territoires.
Co-éduquer les enfants et les jeunes sur le territoire
Les alliances générées et renforcées par les Cités éducatives sont mises en avant dans l’étude comme la mise en œuvre d’une “co-éducation” à l’échelle du quartier. Cette co-éducation mêle cinq sphères : le quartier, l’école, les tiers-lieux éducatifs, les enfants, jeunes et familles, et la virtualité. La cité éducative permet alors de rendre toutes les personnes issues de ces sphères actrices de l’éducation en favorisant une meilleure complémentarité et horizontalité. En ce sens, les focus groupe réalisés avec les familles et les professionnels sur la perception des relations famille/école/tiers-lieux éducatifs/quartier par les membres des instances de pilotage opérationnel et par des parents présentés dans l’étude sont particulièrement inspirants. Ils montrent à la fois la volonté des parents de mieux comprendre et s’intégrer à l’école et celle des professionnels interrogés de reconnaître les parents comme acteurs éducatifs avec qui travailler, promouvant ainsi l’idée de « libre association engagée » des parents dans la Cité éducative.
Des alliances pour enrichir la vision du quartier afin d’accompagner les jeunes de 0 à 25 ans tout au long de leur parcours de vie
La démarche Cité éducative semble avoir une portée transformatrice sur les pratiques mais aussi en générant un changement de vision sur les familles et sur les jeunes. Elle est aussi l’occasion de questionner comment les temps non scolaires, les moments de loisirs, les autres temporalités du quartier peuvent alimenter elles-aussi le développement des enfants et des jeunes et leur fournir un bien-être nécessaire à leur évolution en tant que personnes et à leur capacité à s’investir et réussir dans leurs apprentissages et formations.
Un projet ambitieux et porteur encore confronté à de nombreux défis
Ainsi, l’ambition de “grande alliance éducative” portée par les Cités éducatives semble être en marche. L’étude porte un point de vue positif de la portée transformatrice des Cités éducatives et montre que celles-ci génèrent de nombreuses externalités positives pour une meilleure prise en charge des enfants et des jeunes depuis la petite enfance jusqu’à l’entrée dans l’âge adulte. Elle pointe cependant que de nombreux défis restent à relever, notamment en termes de renforcement des liens entre institutions et de l’interconnaissance entre acteurs locaux et dispositifs, d’implication des familles et des jeunes, notamment les 16-25 ans, d’encore mieux s’appuyer sur l’existant au sein du quartier, de formation interprofessionnelle, d’un meilleur accompagnement des jeunes et des parents sur les questions de santé ou encore d’outils numériques.






